Tendinopathie latérale du coude : comprendre et traiter le « tennis elbow »

La tendinopathie latérale du coude, ou « tennis elbow », est une cause fréquente de douleur sur la face externe du coude. Malgré son nom, elle ne touche pas uniquement les joueurs de tennis. Elle peut survenir chez les travailleurs manuels et les personnes qui utilisent beaucoup un ordinateur. Elle touche également les sportifs et, de plus en plus, les adeptes du pickleball.

Le terme « épicondylite » est encore très utilisé, mais il est moins précis. Le problème n’est généralement pas une simple inflammation du tendon. Il s’agit plutôt d’une atteinte liée à la capacité du tendon à s’adapter aux charges qui lui sont imposées. À cela s’ajoute des changements possibles dans sa structure et sa sensibilité. C’est pourquoi on parle aujourd’hui davantage de tendinopathie latérale du coude.

Que se passe-t-il réellement?

Les tendons des muscles extenseurs du poignet et des doigts s’attachent à la partie externe de l’humérus. Ils sont particulièrement sollicités lorsque nous agrippons un objet, travaillons avec une souris, ou effectuons des mouvements répétés du poignet.

Une tendinopathie peut apparaître lorsque la charge appliquée au tendon dépasse temporairement sa capacité d’adaptation.

Il ne s’agit donc pas nécessairement d’un tendon qui aurait été « abîmé » par un seul mouvement. Souvent, le problème se développe progressivement lorsque l’intensité ou la fréquence d’une activité augmente plus rapidement que la capacité d’adaptation.

Une surcharge cumulative… mais parfois aussi un événement traumatique

Dans plusieurs cas, l’apparition est progressive. Une personne augmente son volume de travail. Elle recommence un sport après une pause ou entreprend un projet de rénovation. Ou elle joue soudainement plusieurs parties de pickleball par semaine.

Le phénomène peut être cumulatif : chaque séance n’est pas nécessairement problématique en elle-même. C’est l’enchaînement des sollicitations avec une récupération insuffisante qui peut finir par dépasser la capacité d’adaptation du tendon.

À l’inverse, certaines personnes ressentent leur douleur après un événement clairement identifiable. Un mouvement brusque, un effort inhabituel, le soulèvement d’une charge lourde ou un impact. Dans ces situations, la douleur peut avoir une composante plus aiguë et la prise en charge initiale sera adaptée à cette présentation.

Il est donc important de distinguer une douleur récente et aiguë d’une tendinopathie qui évolue depuis plusieurs mois. Le traitement ne sera pas nécessairement identique.

Le pickleball : un nouveau facteur à considérer

Le pickleball mérite une attention particulière. Sa popularité a explosé. Du coup, les blessures du membre supérieur, incluant le coude, sont de plus en plus rapportées chez ses adeptes.

Le mouvement répétitif de la raquette et la préhension du manche peuvent imposer une charge importante aux tendons de l’avant-bras. Lorsqu’une personne commence à jouer fréquemment sans période d’adaptation progressive, le problème peut devenir particulièrement marqué.

Cela ne signifie toutefois pas qu’il faut arrêter le pickleball dès l’apparition d’une douleur. Dans la majorité des cas, l’objectif est plutôt de modifier temporairement la charge. Il faut reconstruire progressivement la capacité du tendon à tolérer l’activité.

Aiguë ou chronique : pourquoi cette distinction est importante?

Une douleur apparue depuis quelques semaines n’est pas nécessairement la même condition qu’une douleur présente depuis six mois.

Dans la phase aiguë

Lorsque la douleur est récente et très irritable, la priorité est généralement de diminuer temporairement les activités qui provoquent fortement les symptômes tout en maintenant, autant que possible, les mouvements et activités qui restent tolérables.

L’objectif n’est pas de mettre complètement le coude au repos. Une diminution ciblée de la charge permet plutôt de calmer les symptômes sans entraîner une perte inutile de capacité musculaire.

Des interventions visant à réduire la douleur peuvent également être utiles pendant cette période afin de permettre au patient de recommencer à charger progressivement le tendon.

Lorsque la douleur devient persistante

Dans une tendinopathie qui dure depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois, le repos seul est rarement la solution. Le tendon a besoin de retrouver progressivement sa capacité à tolérer la charge.

C’est ici que les exercices thérapeutiques prennent une place centrale : ils permettent de reconstruire graduellement la force et la tolérance des muscles et des tendons de l’avant-bras.

Les données scientifiques actuelles favorisent généralement une approche active plutôt qu’une prise en charge reposant uniquement sur des traitements passifs. Les études montrent notamment que les exercices peuvent offrir de meilleurs résultats à moyen et à long terme que plusieurs interventions passives, même si l’ampleur des bénéfices demeure variable.

Comment traite-t-on une tendinopathie latérale du coude?

Il n’existe pas un traitement unique qui convient à tout le monde. La meilleure approche dépend de la durée des symptômes, de leur intensité, des activités pratiquées, de la capacité actuelle du tendon et des objectifs de la personne.

À notre clinique, nous privilégions une approche multimodale et personnalisée.

1. Gestion de la charge

La première étape consiste à identifier ce qui surcharge le coude : travail, sport, entraînement, mouvements répétitifs, outils, souris d’ordinateur, pickleball, etc.

Il n’est généralement pas nécessaire d’éliminer complètement l’activité. Nous cherchons plutôt à déterminer quelle quantité de charge le coude peut actuellement tolérer, puis à l’augmenter progressivement.

Cette stratégie est particulièrement importante chez les personnes qui souhaitent continuer à pratiquer leur sport.

2. Physiothérapie et exercices thérapeutiques

Les exercices constituent l’un des piliers du traitement.

Ils peuvent comprendre différents types de contractions et de renforcement des muscles extenseurs du poignet et de l’avant-bras, puis évoluer progressivement vers des charges plus importantes et des mouvements qui reproduisent les exigences du travail ou du sport.

Le programme est ajusté en fonction de la réponse du patient. L’objectif n’est pas simplement de faire disparaître la douleur, mais de rendre le coude suffisamment fort et tolérant pour reprendre les activités qui ont contribué au problème.

Les données récentes confirment l’intérêt d’une approche basée sur l’exercice, particulièrement lorsque celui-ci est intégré à une prise en charge globale.

3. Thérapie manuelle et chiropratique

Les techniques manuelles peuvent être utilisées pour traiter les déficits de mobilité, diminuer la douleur et faciliter le retour au mouvement et aux exercices. Le chiropraticien pourra, en plus de la thérapie manuelle, recommander les exercices adéquats pour la situation.

La thérapie manuelle est généralement plus pertinente lorsqu’elle est intégrée à un programme actif plutôt que lorsqu’elle constitue le seul traitement. Les données récentes soutiennent justement l’utilisation combinée de la thérapie manuelle et des exercices dans la prise en charge des douleurs latérales du coude.

4. Massage thérapeutique

Le massage peut contribuer à diminuer temporairement la douleur et la tension musculaire et à améliorer le confort lors des mouvements.

Il peut donc être intéressant comme traitement complémentaire, notamment lorsqu’une forte tension musculaire accompagne la tendinopathie. Il ne remplace toutefois pas le travail progressif de renforcement et de réadaptation du tendon.

5. Laser thérapeutique

Le laser thérapeutique peut être utilisé comme modalité complémentaire par les chiropraticiens ou les physiothérapeutes pour aider à diminuer la douleur et faciliter la progression vers les exercices.

6. Shockwave

La thérapie par ondes de choc radiales peut être envisagée particulièrement dans certaines tendinopathies persistantes. On parle en général d’une durée de plus de trois mois.

Le shockwave est considéré comme un outil parmi d’autres dans une stratégie de réadaptation, plutôt que comme une solution miracle à elle seule. Les exercices de réadaptions demeurent nécessaire dans la prise en charge. Cette modalité de traitement peut être utilisée par les chiropraticiens et les physiothérapeute.

7. Acupuncture

L’acupuncture musculosquelettique peut également être utilisée pour aider à diminuer la douleur et améliorer la fonction à court terme chez certains patients.

Elle peut être pertinente dans une approche multimodale, particulièrement lorsqu’une diminution de la douleur permet au patient de mieux participer aux exercices et à la réadaptation.

Et les étirements?

Les étirements peuvent faire partie d’un programme de réadaptation, mais ils ne constituent pas à eux seuls le traitement principal de la tendinopathie.

L’objectif est plutôt de restaurer progressivement la force, la capacité et la tolérance à la charge du membre supérieur.

C’est une différence importante avec l’approche traditionnelle qui consistait principalement par le passé à étirer le tendon, appliquer de la glace et attendre que la douleur disparaisse.

Faut-il complètement arrêter le sport?

Pas nécessairement. Dans plusieurs cas, une personne peut continuer à pratiquer son activité en apportant certaines modifications : réduire temporairement la fréquence ou la durée, diminuer l’intensité, modifier certains gestes techniques ou prévoir davantage de récupération.

Le retour au sport doit ensuite être progressif. Par exemple, un joueur de pickleball qui joue actuellement cinq fois par semaine pourrait avoir intérêt à réduire temporairement sa fréquence de jeu.

L’objectif final est de permettre au tendon de retrouver une capacité suffisante pour répondre aux exigences réelles de la vie quotidienne, du travail et du sport.

Combien de temps faut-il pour guérir?

La durée varie considérablement d’une personne à l’autre. Une douleur récente peut parfois s’améliorer rapidement lorsque la charge est bien ajustée. Une tendinopathie persistante peut toutefois nécessiter plusieurs semaines ou plusieurs mois de progression.

Une approche personnalisée plutôt qu’un traitement unique

La recherche récente montre qu’il est difficile de désigner une intervention unique comme étant « le meilleur traitement » pour toutes les tendinopathies latérales du coude. Plusieurs traitements ont des effets modestes ou variables, et la qualité des données demeure inégale.

L’approche la plus cohérente consiste donc à combiner les interventions de façon stratégique.

À notre clinique, la physiothérapie, la chiropratique, le massage, l’acupuncture, le laser thérapeutique et les ondes de choc peuvent être utilisés selon les besoins de chaque personne. L’objectif n’est pas de multiplier les traitements, mais de choisir les bons outils au bon moment pour favoriser une récupération durable.

Si votre douleur au coude persiste, s’aggrave ou vous empêche de travailler, de pratiquer votre sport ou d’effectuer vos activités quotidiennes, une évaluation permet de déterminer s’il s’agit bien d’une tendinopathie latérale du coude et d’identifier les facteurs qui entretiennent vos symptômes.


PRENEZ RENDEZ-VOUS

EN LIGNE 819 847-3455